Siège auto d’occasion, j’achète ou pas ?
En quelques clics, on trouve des dizaines d’annonces en ligne. Moins cher, plus écologique… sur le papier, acheter d’occasion a tout pour séduire.
By L’équipe Hola Bambino!, Rédaction
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En quelques clics, on trouve des dizaines d’annonces en ligne. Moins cher, plus écologique… sur le papier, acheter d’occasion a tout pour séduire. Et quand on essaie de concilier budget, bon sens et convictions, c’est une option qui mérite d’être envisagée. Mais lorsqu’il s’agit de la sécurité de nos enfants, peut-on vraiment parler de bonne affaire ?
Soigné ne veut pas dire sûr
Un siège auto peut ne présenter aucun dommage visible. Housse propre, plastique brillant, sangles intactes… et avoir des détériorations à l’intérieur de sa structure ou au niveau de la base d’installation (microfissures, fragilisation des matériaux, etc.), invisibles à l'œil nu.
Lors d’un choc, même à faible vitesse, la structure interne peut être fragilisée (microfissures, affaiblissement des matériaux…). On estime qu’un impact à partir de 10 à 20 km/h peut déjà altérer un siège. Attention, il ne s’agit pas de la vitesse à laquelle on roule, mais bien de la force subie au moment de l’impact.
Le défi avec l’occasion, c’est l’historique. A-t-il déjà été impliqué dans un accident ? A-t-il subi un choc important ? A-t-il été stocké correctement ? Même en toute bonne foi, le vendeur ne dispose pas toujours de toutes les informations ou ne mesure pas forcément les conséquences d’un petit accrochage.
L’usure invisible et la fatigue des matériaux
Aux risques liés aux dommages mécaniques s’ajoute la « fatigue des matériaux », on y pense peu mais les sièges auto ont une durée de vie limitée.
Un siège ancien peut ne plus offrir le niveau de protection prévu à sa conception. Les éléments de la structure travaillent en permanence pendant la conduite et perdent progressivement leurs propriétés d’origine. Les experts recommandent de ne pas utiliser un siège auto plus de huit ans à partir de la date d’achat (à compter de sa première mise en service).
Et ce n’est pas tout : les normes évoluent.
Les normes européennes (la norme R129 remplace désormais pleinement la norme ECE R44/04 depuis septembre 2023) et les protocoles de tests indépendants ont évolué, devenant de plus en plus stricts pour assurer un niveau de sécurité supérieur. Forçant les fabricants à innover : protection renforcée contre les chocs latéraux, nouveaux systèmes d’absorption d’énergie, technologies de fixation plus performantes…
Un modèle ancien, même très haut de gamme à l’époque, peut ne plus correspondre aux exigences actuelles. Attention, cela ne veut pas dire qu’un ancien siège est forcément dangereux, mais simplement qu’il peut offrir un niveau de protection inférieur aux standards actuels.
Mon siège-auto a été impliqué dans un accident, dois-je le remplacer ?
Tout siège-auto accidenté doit être remplacé. Même si aucun dommage n’est visible, même si l'enfant n'était pas installé dans le siège, même si le choc est à basse vitesse ! C'est exactement la même recommandation que pour un casque de moto ayant été impliqué dans un accident.
Mais avant de passer par la case achat, vérifiez les garanties fabricants et ce que votre assurance prendra en charge.
C’est la raison pour laquelle conserver la facture ou la preuve d’achat est essentiel pour faciliter les démarches.
Que faire de mon siège-auto accidenté ?
C’est une vraie question. Bien entendu, même s’il peut être tentant de le revendre, la problématique des sièges-auto d’occasion reste la même, posant une question éthique pour un monde plus sûr pour nos enfants.
Aujourd’hui, les solutions de recyclage restent limitées et la déchetterie est souvent l’option la plus accessible. Vous pouvez toutefois vous renseigner auprès du fabricant de votre siège-auto pour savoir s’il propose une solution de reprise, afin de donner une seconde vie aux matériaux.
En résumé : une économie non sans risques
Acheter d’occasion n’est pas un mauvais choix en soi. Beaucoup de produits s’y prêtent très bien. Pour un siège auto, la réflexion est un peu différente parce que :
- l’historique est difficile à vérifier ;
- les dommages peuvent être invisibles ;
- les matériaux vieillissent ;
- les normes évoluent ;
- il n’y a ni garantie ni service après-vente.
Chaque famille fait ses choix en fonction de sa situation. L’essentiel est d’avoir toutes les informations en main pour décider en conscience. Quand il s’agit de sécurité, la vraie bonne affaire, c’est surtout celle qui vous permet de partir en voiture l’esprit tranquille.
Mais alors… quel siège-auto sécurisé avec un petit budget ?
Découvrez notre sélection de sièges auto crash-testés par l’ADAC.
